Des élèves éclairés par du fumier !
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(Photo/Alden Pellett) |
Du fumier de vache pour l'électricité. Aux États-Unis une exploitation de Bridport, à 56km au nord du campus, abrite le premier générateur de "cow power" de la Central Vermont Public Service Corporation (CVPS).
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- Depuis fin septembre 2006, les 760 élèves d'une petite faculté du Vermont au nord-est des États-Unis, sont éclairés par du fumier. L'établissement se fournit partiellement en électricité produite par du gaz de méthane. La faculté (écologique) Green Mountain, à Montpelier, va débourser 48.000 dollars (37.745 euros) supplémentaires sur sa facture d'électricité d'un montant de 250.000 dollars (196.600 euros) pour avoir le privilège de réduire sa dépendance à l'égard d'une énergie non-renouvelable et polluante. Cette faculté est spécialisés dans les mesures écologiques et l'énergie renouvelable.
La compagnie, qui exploite et fournit le courant, permet à ses clients d'acquérir 25%, 50%, voire la totalité de leur électricité grâce à ce programme. Et c'est un véritable succès: l'exploitation a déjà installé un second générateur. Déjà, plus de 3.500 clients sont inscrit. Des subventions sont accordées à quatre autres fermes pour les aider à financer les générateurs. D'ici fin 2010 douze exploitations et entre 7.500 et 10.000 clients seront alimentés par ce programme.









La ferme de Bridport possède environ 1.000 vaches de la race Holstein et 500 jeunes têtes de bétail dans des granges high-tech. Là, des racloirs repoussent leur fumier à travers des grilles sur un tapis roulant. Ce dernier les transporte ensuite vers un extracteur de méthane. Le gaz est alors conduit vers deux générateurs. Et le courant ainsi produit est envoyé dans des transformateurs et sur le réseau à destination des clients.
Comment çà marche !
Le biogaz est produit par l’action de bactéries sur des matières naturelles, dans des conditions renfermées. (digestion anaerobie). Les bactéries digèrent lentement la matière (excréments d’animaux) et produisent un gaz qui est formé d’environ 60% de méthane et de 40% de dioxyde de carbone. Le biogaz est un combustible connu dans bon nombre de pays en voie de développement. Il contribue de façon appréciable à l’approvisionnement en énergie et permet d’économiser les combustibles fossiles comme le charbon, le pétrole et le gaz.

Sa contribution façon écologique à la production de chaleur et d’électricité n'est pas négligeable. C'est une source d’énergie qui ne nuit pas à l’environnement, car elle produit de l’électricité et de la chaleur, tout en neutralisant les émissions de dioxyde de carbone et sans dégager de souffre.

digesteur anaérobie |
Dans
la région de Soltau, à 80 km de Hambourg en Allemagne, une vingtaine de
fermes utilisent les excréments d’animaux comme source renouvelable d’énergie.
Les fermiers se servent de la nature pour que le système garde son équilibre.
Chaque fermier dispose de sa propre installation de production de biogaz,
opérant de façon autonome dans un système efficace et décentralisé. Les
fermiers se servent de la chaleur générée par le biogaz pour chauffer
maisons, fermes et étables ainsi que pour l’eau chaude. En été, la chaleur
est utilisée pour sécher les récoltes. L’électricité sert à la maison
pour la cuisine et l’éclairage, et à la ferme pour traire le lait etc.
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Toujours en Allemagne un fermier, alimente sa ferme et ses bâtiments au moyen de biogaz. Le gaz est généré par les excréments de 1200 cochons, 4000 poules et les détritus de la famille. Cela produit suffisamment de gaz pour alimenter toute la ferme et ses dépendances, sauf en cas de grand froid et pendant les périodes très chargées. Les excréments d’animaux nécessaires à la production de biogaz sont entraînés dans le système à travers un plancher escamotable, grâce à la pesanteur et aux urines des porcs. Les excréments tombent sous le plancher et s’écoulent par une ouverture vers la fosse septique. On peut aussi ajouter d’autres ingrédients comme la fiente de poulets, les déchets des toilettes de la ferme et de la paille des étables, ce qui apporte de la substance au mélange.

Savez-vous que les déchets de graisses des restaurants de Hambourg, produisent 20 fois plus de gaz que les excréments de porcs. Les excréments d’animaux se transforment en micro-organismes dans la fosse septique, ce qui produit du gaz méthane et un engrais peu odorant de très bonne qualité. Le méthane fait marcher un moteur standard de voiture qui crée la chaleur et l’électricité pour la ferme et ses dépendances. Seul est utilisé des moteurs Ford et Opel, qui ont une composition métallique résistante pour supporter le souffre dégagé par le gaz. Si on entretient le moteur régulièrement, le système entier ne nécessite pas plus d’une heure d’entretien quotidien. Une fois la ferme et ses dépendances chauffées au biogaz, il reste encore de l’énergie disponible à la vente aux compagnies d’électricité.
Des engrais inodores !
Tout en créant leur propre électricité et leur propre chauffage, les fermiers produisent un engrais sans odeur de bonne qualité. Les matières biologiques recyclées sont apportées aux champs et assurent une substance nutritive qui convient à la croissance des plantes et des récoltes. Le purin restant conserve ses éléments nutritifs, mais comme le gaz a été extrait, l’engrais ne sent pas. Le purin est un dérivé de valeur et ayant perdu sa forte odeur, on n’a pas à l’enfouir dans la terre comme du purin conventionnel. Il peut au contraire être projeté directement sur les plantes. Un autre avantage de ce purin est qu’on peut le répandre à tout moment de l’année.
Installée dans le Devon, au Sud-Ouest du Royaume-Uni, une unité de méthanisation va bientôt produire 2 MW d'électricité à partir de bouse de vaches et d'autres déjections animales.
En france un Lorrain s'est lancé dans l'aventure. Francis Claudepierre, un jeune agriculteur de Mignéville (54), a décidé de profiter de sa remise aux normes et de sa reconversion en agriculture biologique pour mettre en place une installation d’avant-garde de production de biogaz. Il s’est inspiré du savoir-faire des Allemands en la matière et a fait appel à un architecte de Munich pour faire les plans de construction adaptés à son exploitation. Ce système de production d’électricité à partir des déchets agricoles (lisiers, tonte….) n’est pas qu’une machine de plus mais une véritable opportunité de reconversion et de développement pour des agriculteurs désabusés et montrés du doigt.